Nicolas Sarkozy : maintien du potentiel nucléaire

 
Le président sortant apporte un soutien sans faille au « maintien du potentiel nucléaire », estimant que cette filière contribue à la fois à la défense du climat et à la « France forte » grâce à son poids industriel. Energies renouvelables et économies d'énergie viennent « compléter » cet axe central.

« L’énergie nucléaire est celle qui émet le moins de gaz à effet de serre. C’est aussi celle qui garantit notre indépendance énergétique et limite les factures d’électricité pour les ménages et pour les entreprises. C’est enfin une exceptionnelle filière industrielle. L’industrie nucléaire française réunit tous les traits d’une France forte », écrit-il dans sa Lettre aux Français, déclarant qu'il faut « conserver et entretenir » la filière. « Naturellement, poursuit-il, il faut être intransigeant avec la sécurité et la sûreté de nos installations. »

Nicolas Sarkozy avait apporté quelques précisions lors de visites dans plusieurs centrales nucléaires. Pour lui :
− Fessenheim ne doit pas fermer, sauf si les autorités de sûreté ou EDF le décidaient.
− L'EPR de Flamanville doit être construit, et le deuxième projet à Penly (Seine-Maritime) doit être maintenu.
− La vie des centrales doit être prolongée au delà de 40 ans, selon les décisions des autorités de sûreté.
− Il faut développer des réacteurs de puissance moyenne (autour de 1 000 mégawatts) en partenariat avec les Japonais (l'Atmea) et les Chinois, et étudier la faisabilité de réacteurs de faible puissance (autour de 300 à 400 mégawatts).
− Les recherches sur la IVe génération de réacteurs doivent être poursuivie. Des crédits ont d'ailleurs déjà été engagés par son gouvernement.
 
Au passage, il critique vigoureusement son adversaire socialiste, François Hollande, accusé de vouloir supprimer des emplois par idéologie et de céder au parti écologiste : « L’écologie est un sujet trop important pour être l’otage du sectarisme et des alliances politiciennes », écrit-il dans sa lettre. Il exclut toute idée d'une écologie prônant la décroissance : « L’écologie peut et doit rimer avec le travail et même avec l’industrie ».

Energies renouvelables

Le président sortant ne présente pas de programme détaillé sur l'énergie mais entend poursuivre dans la ligne de son action, et notamment du Grenelle de l'environnement qu'il engagea en début de mandat.

Dans le bilan qu'il publie sur son site de campagne, il souligne qu'« aujourd’hui, 13% de l’énergie consommée en France proviennent de sources renouvelables (+33% en 4 ans) ». « Le parc éolien a augmenté de 400% depuis 2005, le parc solaire a été multiplié par 30, le Fonds « chaleur renouvelable » de l'ADEME a été doté de 1,2 milliard d'euros pour la période 2009-2013 », dit-il.
 
Son parti, l'UMP, a préconisé de son côté des « filières vertes françaises intégrées », et, dans ce but, le lancement de marchés publics (du type de ceux de l’éolien offshore ou des parcs solaires) et le renforcement de la recherche et de la formation d’ingénieurs spécialisés. Il ne faut pas aboutir, par exemple dans le solaire photovoltaïque, à l’importation de produits chinois.
 
 
Energies fossiles
 
« Je n'autoriserai pas l'exploitation du gaz de schiste par fragmentation hydraulique », a déclaré Nicolas Sarkozy fin décembre. Le président a demandé à Éric Besson et à Nathalie Kosciusko- Morizet d’engager une réforme du code minier.
 
Il a exclu tout blocage du prix de l'essence.
 
Transports, habitat, efficacité énergétique

Là aussi, le candidat renvoie à son bilan :
− selon lui, l’éco-prêt à taux 0, a permis en 2009-2010 à 180 000 ménages de réaliser 3,5 milliards d’euros de travaux. 170 000 logements ont été thermiquement rénovés.
− le bonus-malus automobile a été un succès, qui a déjà permis de réduire de 12% les rejets de CO2 du parc automobile.
− le chemin de fer a été développé avec la construction simultanée de 4 lignes TGV et le transport fluvial aussi, avec la construction du Canal Seine Nord
− d'importants investissements ont été réalisés dans les transports en commun (particulièrement avec le Grand Paris)
 
 
 
Sources :
En l’absence de programme détaillé, voir ses discours et ses orientations en tant que président.
Son soutien au nucléaire a été réaffirmé lors du discours de Pierrelatte le 25 novembre 2011 et de sa visite à Fessenheim, le 9 février 2012
Pour les filières renouvelables, sa visite à Photowatt, le 15 février 2012