François Bayrou : mettre l’accent sur le climat et la nature

 

Le candidat centriste insiste sur les économies d'énergies (logement, transports) et le développement des énergies renouvelables, où il prône un champion européen type EADS. Il évite toute polémique sur le nucléaire (actualisé au 2 avril).

Dans son agenda 2012-2020 puis dans son programme présenté à la mi-mars, François Bayrou a fixé une approche progressive. Il veut organiser un débat sur l’avenir de la production électrique dès le début de la mandature, faire adopter une loi-cadre sur l'énergie, avec des rendez-vous d’étape tous les 3 ans.

François Bayrou se place sous le signe de l'« écologie positive », qui se préoccupe aussi bien du patrimoine naturel (biodiversité, paysages, atmosphère, climat) que du patrimoine matériel et économique.  Il ne se prononce pas sur l'avenir immédiat du nucléaire, estimant cependant que c'est une « énergie de transition » et insistant sur la sûreté.

Pour lui, le PS et les Verts ont esquivé cette question essentielle de la « défense de la nature », pour conclure un « accord politicien » où l’on discute de centrales nucléaires et de sièges : « ou bien le nucléaire est dangereux, et il faut fermer toutes les centrales, ou bien il y a des assurances de sécurité, auquel cas il n’y a aucune raison de fixer un calendrier politicien » de fermeture des réacteurs, a-t-il dit lors d’un déplacement.

François Bayrou veut « conforter l’indépendance de l’Agence de Sureté Nucléaire (ASN) en intégrant des experts européens et en donnant aux citoyens la possibilité de poser des questions avec obligation pour l’agence de donner une réponse publique ».

Plus généralement, François Bayrou avance quelques propositions pour doper la production : un « Commissariat national aux stratégies », des soutiens au PME dans l'esprit du Small Business Act américain, et un nouveau type d'entreprise, « l’OSEE » (entreprises à Objet Social Environnemental et Economique). Ces entreprises OSEE verront leur taux d’impôt sur les sociétés minoré en fonction des résultats en matière de responsabilité sociale et d'environnement.

Insistant sur le « développement massif » des énergies renouvelables qui devraient atteindre 40 % de la production électrique en 2030, il avance plusieurs actions :

  • Créer un fonds d’investissement dédié au développement durable, alimenté par les quotas carbone issus du protocole de Kyoto, l’investissement privé, et l’épargne populaire. Il investira dans l’efficacité énergétique du logement et des transports, dans le capital des projets industriels d’énergie renouvelable, la recherche dans le domaine des énergies nouvelles, et la restauration et la préservation de la biodiversité.
  • Créer un malus environnemental sur les produits de consommation les plus nuisibles à l’environnement.
  • Rénover le bâti ancien pour limiter les émissions de CO2 : simplifier et amplifier significativement le mécanisme des certificats d’économie d’énergie; créer un organisme public / privé pour accompagner les projets de rénovation énergétique.
  • Stabiliser et simplifier les réglementations administratives et fiscales pour les énergies renouvelables sur les 20 prochaines années.
  • Créer un consortium européen de l’énergie renouvelable, à l’image d’EADS, en lien avec nos partenaires européens.
  • Préserver la biodiversité : pour limiter l’imperméabilisation des sols, il veut moduler notamment les dotations de l’Etat en fonction de la maitrise de l’étalement urbain.
  • Moduler dans un cadre européen l’impôt sur les sociétés en fonction de leurs performances environnementales.

 

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